Sabrina Berdedouch
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Suite à une journée d'étude

Le changement de voie libidinale

 À Paris, le 16 septembre 2026.



Ce samedi 12 septembre dernier, nous nous sommes réunis à l'occasion de la journée d'étude organisée par le Réseau pour la psychanalyse à l'hôpital (RPH) — École de psychanalyse à propos des souffrances gynécologiques. Que peut dire la clinique psychanalytique de ces femmes qui reçoivent le diagnostic d'endométriose ? Que se passe-t-il une fois que le diagnostic est posé ?
 

Au cours de cette journée d’étude, le Dr Erick Petit a pu présenter les suites de prises en charge pour les femmes qui souffrent d'endométriose : prises en charge hormonales, gynécologiques, diététiques, ostéopathiques et psychologiques. Qu'en est-il du psychisme et du corps, le champ opératoire du psychanalyste ?
 

Madame L. a 38 ans et me consulte lorsqu’elle reçoit ce diagnostic d'endométriose. Dans ses séances de psychothérapie, elle parle peu de cette maladie. Elle cherche à trouver des réponses : « Pour quelle raison ce mal-être ? Pourquoi cette tristesse ? ». Elle demande de manière insistante à la personne qui l'écoute de lui répondre, de lui donner les clefs pour trouver ce qui pourra « supprimer » cette douleur. À raison de 3 séances par semaine et au bout de deux mois, Madame L. entre en psychanalyse. 

Sur le divan, elle est interpellée par elle-même : elle remarque que tous les mois, au moment de ses menstruations, ce n'est pas seulement les douleurs d'endométriose qui sont ravivées, c'est également des « souvenirs horribles, des pensées insupportables » qui sont activés. Elle appelle en urgence pendant une soirée, à 21h. Elle fait une séance par téléphone puis se rend le lendemain à ma consultation.
 

Sur le divan, elle dit : « Depuis que j'ai commencé ce travail avec vous je me rends compte que je ne peux plus garder à l'intérieur de moi ce que j'ai à dire, et c'est quand je ne dis pas que mes douleurs explosent ». Sa phrase est instructive, madame L. nous apprend deux choses : 

- l'énergie qui nourrit ses douleurs d'endométriose est articulée à un refoulé. 

- cette énergie se transforme par la parole, et elle peut donc changer de voie.

Nous appelons cette énergie, la libido. La cure, selon le mot du Dr de Amorim, permet ce changement de voie libidinale[1].
 

Le cas de Madame L. nous indique donc que son endométriose peut être soignée en psychanalyse si, et seulement si, l'être a le désir d'assumer ce changement de voie libidinale. Depuis cette découverte, Madame L. expérimente les effets de sa cure dans sa vie : construction d'un nouveau projet professionnel, pratique sportive, amélioration de ses conditions de vie. Elle fait ce constat au bout d'un an de cure psychanalytique : « je vais mieux ». Elle indique également que ce « mieux » lui a « coûté ». Oui, en déplacement, en temps, en argent et en parole. Elle ajoute également : « en fausse relation, depuis que je suis en psychanalyse et que je dis ce que j'ai à dire, je me rends compte que mes douleurs d'endométrioses m'obligeait à dire aux autres ce que je ne pouvais plus supporter...» Plutôt qu'avec le corps, elle apprend à dire par la parole.
 

« Si le psychologue vise le moi a - autrui, si l'analyste vise l'inconscient structuré comme un langage, le psychanalyste vise à ce que l'être puisse devenir sujet, et pour cela, il faut un changement de voie libidinale »[2] indique le Dr de Amorim. 


Toujours sur le bateau de la psychanalyse et à raison de 6 séances par semaine, Madame L construit sa subjectivité… Pour celles qui, à l'annonce du diagnostic d'endométriose, sont interpellées par ce qui agit en elles-mêmes dans l'ombre de leur ignorance, elles sont les bienvenues chez un psychanalyste pour entamer leur changement de voie.


Sabrina Berdedouch

    

[1] Retranscription d’une séance de contrôle, le lundi 14 septembre 2026.


[2] Ibid.


Cabinet de Psychanalyse — Sabrina Berdedouch

7 rue de Malte, 75011 Paris

Métros : République (L1, L3, L5, L8, L9, L11), Oberkampf (L5, L9), Filles du Calvaire (L8)

Téléphone : 06 52 76 94 73

sabrina@berdedouch.com

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